La convention Aeras, signée en 2006, vise à faciliter l’accès à l’assurance et au crédit pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Toutefois, certaines exceptions existent et peuvent mettre en lumière la portée juridique de ces dérogations. Cet article se propose d’analyser ces exceptions et leurs implications juridiques.
La convention Aeras : un dispositif solidaire
Avant d’aborder les exceptions à la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé), il convient de rappeler brièvement son fonctionnement. La convention a pour objectif de permettre aux personnes présentant un risque aggravé de santé d’accéder plus facilement à l’assurance emprunteur et donc au crédit immobilier, professionnel ou à la consommation. En effet, ces personnes peuvent rencontrer des difficultés pour s’assurer en raison de leur état de santé.
Pour atteindre cet objectif, la convention Aeras prévoit plusieurs dispositifs. Tout d’abord, le mécanisme du délai de prescription, qui permet aux anciens malades atteints d’une affection grave (comme le cancer) d’être assurés sans avoir à mentionner leur ancienne pathologie après un certain délai. Ensuite, le niveau 1, qui concerne les emprunteurs dont le risque est jugé acceptable par les assureurs, mais qui peuvent bénéficier d’un traitement spécifique de leur dossier. Enfin, le niveau 2 et le niveau 3, qui concernent les personnes dont le risque est plus élevé et qui nécessitent une étude approfondie de leur dossier.
Les exceptions à la convention Aeras
Malgré l’aspect solidaire de la convention Aeras, certaines exceptions existent. Ces exceptions concernent principalement les garanties proposées par les assureurs, ainsi que les conditions d’accès au dispositif.
Parmi ces exceptions, on retrouve notamment :
-
Les garanties exclues du dispositif : certains types de garanties ne sont pas couverts par la convention Aeras, comme la garantie invalidité professionnelle ou la garantie perte d’emploi. Les personnes présentant un risque aggravé de santé peuvent donc rencontrer des difficultés pour s’assurer contre ces risques spécifiques.
-
Les conditions d’âge : la convention Aeras s’adresse aux personnes âgées de moins de 70 ans. Les personnes âgées de plus de 70 ans ne peuvent donc pas bénéficier du dispositif et doivent se tourner vers des solutions alternatives pour s’assurer.
-
Les montants empruntés : la convention prévoit des plafonds de montants empruntés en fonction du type de prêt (immobilier, professionnel ou à la consommation). Au-delà de ces plafonds, les personnes présentant un risque aggravé de santé ne peuvent pas bénéficier du dispositif Aeras.
La portée juridique des exceptions à la convention Aeras
Les exceptions à la convention Aeras soulèvent plusieurs questions sur leur portée juridique. Tout d’abord, elles mettent en lumière les limites du dispositif en termes d’égalité de traitement entre les emprunteurs. En effet, les personnes présentant un risque aggravé de santé ne bénéficient pas des mêmes garanties que les autres emprunteurs, ce qui peut être considéré comme une forme de discrimination.
De plus, ces exceptions soulignent l’importance des négociations entre les parties prenantes (assureurs, banques, associations de patients…) pour trouver un équilibre entre la prise en charge du risque et la protection des droits des emprunteurs. Dans ce contexte, il est essentiel que les acteurs concernés travaillent ensemble pour améliorer le dispositif et réduire les inégalités liées à l’état de santé.
Enfin, il convient de noter que certaines exceptions peuvent être contestées devant les tribunaux. Par exemple, si une personne estime qu’elle a été victime d’une discrimination en raison de son état de santé, elle peut saisir le Défenseur des droits ou engager une procédure judiciaire pour faire valoir ses droits. Toutefois, ces démarches peuvent être longues et coûteuses, ce qui peut constituer un frein pour les personnes concernées.
En résumé, la convention Aeras est un dispositif solidaire qui vise à faciliter l’accès à l’assurance et au crédit pour les personnes présentant un risque aggravé de santé. Toutefois, certaines exceptions existent et peuvent mettre en lumière la portée juridique de ces dérogations. Il est essentiel que les acteurs concernés travaillent ensemble pour améliorer le dispositif et réduire les inégalités liées à l’état de santé.
